Avec l'aimable autorisation du Deutscher Spitz Club of Belgium - www.dscb.be

Article paru dans la revue du club

Article de Jane Saunders (Déc. 2006)

Début août de cette année, la troisième conférence internationale sur ‘les progrès sur les prédispositions et les maladies héréditaires chez les canins et les félins’ (Advances in Canine and Feline Genomics and Inherited Diseases) a eu lieu au « School of Veterinary Medicine » à l’université de Californie – Davis. Sur la liste des participants, nous retrouvions l’élite des experts en génétique du monde entier. Le Dr Richard Goldstein a présenté un essai sur l’analyse génétique et l’exposé sur l’hyperparathyroïdie primaire (PHPT) chez les Spitz Loups (Genetic analysis and mapping of primary hyperparathyroidism in Keeshonden). Il a annoncé que la recherche scientifique sur la cause génétique de PHPT chez les Spitz Loups est un succès et que la localisation du gène, lequel est à l’origine de la maladie, a été identifiée. Il a aussi confirmé qu’un test A.D.N., qui montre le statut de chaque Spitz Loup, sera bientôt disponible.

C’était la réponse tant attendue d’une maladie déjà connue dans la race depuis les années 1980 (BergerB,Feldman EC - 1987). Cela fait 4 ½ ans qu’Anni (Liefkees Anneliese), la femelle élevée par moi-même, est décédée suite à un blocage rénal malgré le fait qu’elle avait été opérée d’une tumeur parathyroïdale l’année précédente. La recherche d’une réponse avait démarré.

Après le décès d’Anni, mon vétérinaire Sue a reçu un coup de fil d’un expert de Cambridge qui demandait de lui envoyer le pedigree de mon chien et qui proposait d’examiner l’état actuel de la race. L’état était déjà bien connu aux États-Unis et Anni avait des lignes sanguines américaines. Le projet a donc été transmis au Dr Barbara Skelly du département vétérinaire (Department of Veterinary Medicine) de l’université de Cambridge. Depuis lors nous travaillons en étroite collaboration.

Le départ de l’analyse A.D.N.

Après avoir réalisé qu’il existait un modèle d’hérédité, le Dr Barbara Skelly a contacté le « Kennel Club Charitable Trust (KCCT) » pour financier l’étude sur le gène qui est à l’origine de PHPT. Le premier financement de £10,000 est arrivé début 2003 et le DR Skelly a commencé à rassembler des échantillons de sang de Spitz Loups. Rapidement elle avait plus de 100 échantillons et grâce à la proposition de faire un examen de calcium gratuit, elle pouvait immédiatement identifier les chiens touchés par la PHPT. Ces chiens ont vite reçu le traitement nécessaire et s’en remettent bien. Au fur et à mesure que les chiens malades étaient diagnostiqués, Barbara prenait systématiquement contact avec les propriétaires des parents directs des chiens malades et, de ce fait, elle a dressé la carte de la distribution de la maladie (le pedigree génétique large). L’hérédité se comportait comme un trait autosomal dominant, mais cela devrait encore être prouvé.

Le départ de l’étude était la comparaison des échantillons de sang des Spitz Loups malades et normaux avec les gènes mutés, lesquels causent hyperparathyroïdie chez l’être humain. Les trois gènes, connus comme ‘les gènes candidats’, étaient examinés, mais aucun ne correspondaient au patron anormal dans le génome des Spitz Loups malades.

En 2005 un projet parallèle, le résultat du traitement d’un Spitz Loup à Cornell, a démarré aux États-Unis. Le Dr Richard Goldstein commençait également une étude sur la maladie. Sa participation était le résultat du traitement d’un Spitz Loup de 6 ans, Kylie. Sa maîtresse Cathy Bosnic s’engage continuellement pour encourager les autres maîtres et maîtresses aux États-Unis afin de participer à l’étude et elle est aussi le moteur de la collaboration avec le Dr Goldstein. Ils ont commencé à rassembler des échantillons de sang des chiens atteints et connus, et leurs proches directs. De nouveau, ‘les gènes candidats’ (les gènes identifiés chez l’homme) étaient éliminés et, au moment de l’examen génétique il y avait déjà plus de 200 échantillons dont plus de 50 de chiens atteints

Vers 2005, il était clair que notre étude en Angleterre nécessitait un deuxième financement pour continuer. Après la demande auprès de « KCCT », nous avons obtenu £25,000 en janvier 2006. Cette deuxième attribution comprenait également la recherche sur l'origine génétique de l'épilepsie primaire, à côté de notre banque PHPT. Je reviendrai plus tard sur la recherche d’épilepsie.

Mais des recherches scientifiques sont souvent confrontées à des frustrations et nous avions attendu 6 mois pour toucher nos £25,000 ! Et quand Richard annonçait que le gène et sa mutation étaient localisé, c’était la fin de notre étude sur PHPT. La bonne nouvelle est que Barbara collabore avec Richard à Cornell et nos échantillons de sang aideraient à confirmer la précision du test.

Comment le gène a-t-il été découvert ?

Les échantillons de sang collecté par le Dr Goldstein ont été analysés en collaboration avec le Dr Kerstin Lindblad-Toh et le Dr Claire Wade du «  the Broad Institute of Harvard and MIT ». Il paraît possible d’examiner le génome entier des chiens et de localiser l’endroit du locus qui contient probablement la mutation du gène de la maladie. Par cette nouvelle technologie, il était possible d’identifier plus de dix mille marqueurs dans l’A.D.N. et de trouver un lien entre ces marqueurs et la maladie. Comme résultat l’A.D.N. complet pouvait être réduit à 3 gènes. Richard continuait son étude de ses gènes en profondeur, jusqu’au moment où c’était clair qu’un seul gène contenait des marqueurs rattachés à la maladie. Ce gène contenait l’anomalie actuellement examinée.

L’hérédité autosomique dominante

L’étude confirme que PHPT chez le Spitz Loup est hérité comme un trait dominant. Quelques maladies héréditaires chez les chiens sont autosomiques récessives, par lesquelles nous pouvons fournir le chien d’une étiquette ‘sain’, ‘atteint’ ou ‘porteur’. Nous pensons que c’est le cas de l’épilepsie primaire.

Dans une hérédité autosomique dominante il suffit qu’un des parents ait le gène anormal pour passer la maladie à la descendance. L’autre parent ne doit pas avoir le gène pour la transmission. Quand un Spitz Loup avec le gène atteint autosomique dominant de PHPT, est utilisé pour l’élevage, 50% de la descendance aura le gène et les autres 50% pas. Si 2 chiens avec le gène atteint s’accouple, 50% de la descendance aura une copie du gène atteint, 25% aura 2 copies du gène normal et 25% aura 2 copies du gène anormal de PHPT. L’étude suggère que les embryons avec 2 copies du gène anormal, ne survivent pas dans l’utérus.

Il n’y a pas de condition de ‘porteur’ dans l’hérédité autosomique dominante. Ou le chien a le gène, ou bien il n’en a pas. Le test développé à Cornell diagnostique positivement ou négativement la présence du gène PHPT.

Sur le site du « UK Kennel Club » vous trouverez un excellent texte qui explique la génétique de base du chien et la différence entre les gènes autosomiques dominants et récessifs. Voir http://www.thekennelclub.org.uk/item/327 et continue vers « from dog to DNA ».

Est-ce que tous les chiens avec le gène développent la maladie PHPT ?

La maladie se manifeste généralement chez les chiens avec la moyenne d’âge de 10 ans. Récemment, le diagnostic a aussi était fait auprès des chiens de 6 ans. La maladie atteint en générale les Spitz Loups plus âgés. Le test indique le potentiel génétique pour éventuellement développer la maladie plus tard dans la vie. C’est un gène cancérigène et la plupart des animaux qui ont ce gène développeront la maladie, s’ils vivent assez longtemps.

Comment est la précision du test ?

Certaines personnes aux États-Unis ont remis la validité du test en question et, dès lors, Richard a dédouané la situation dans les différents panels sur le web.

L’incertitude apparaissait de la constatation que 7% des chiens plus âgés testés, qui ne manifestaient aucuns symptômes cliniques, avaient quand même un résultat positif pour le gène. Par conséquent ces personnes se posaient la question de savoir si le test montrait des résultats ‘faux positifs’.

Richard déclarait que c’est un test de relation qui détermine le lien à 100% avec la maladie PHPT. Cela veut dire que c’est un test pour la localisation dans l’A.D.N. ou bien dans le gène même, ou bien très près du gène, en corrélation avec la maladie.

Avec plus de 200 chiens, dont plus de 50 atteints, l’ampleur du sondage était plus grand qu'habituellement dans la validation d’un test génétique. Richard a su confirmer que tous les échantillons de sang des chiens diagnostiqués avec la maladie, sont testés positifs sur le gène. Statistiquement, cela signifie une fiabilité de 100%. Il confirmait également, en se basant sur le sondage de son étude, que la grosse majorité des chiens, qui vivaient assez longtemps, avaient développé la maladie (plus de 95% quand ils auront 12 ans). Ces chiffres peuvent changer à mesure que de plus en plus de chiens seront testés.

Quand notre étude en Angleterre s’est arrêtée, notre chercheuse Barbara a contacté Richard Goldstein et il a proposé de tester nos échantillons anglais. Nous avions environ le même nombre d’échantillons et d’échantillons de chiens atteints : le nombre d’animaux testés dans l’étude, sera donc le double.

Barbara a transformé tous les échantillons de sang en A.D.N. stable et elle les a envoyés aux États-Unis. Nos échantillons seront analysés ‘en aveugle’, la présence éventuelle de la maladie étant inconnue au moment du test.     L’ampleur du sondage sera donc doublée ainsi que la validité du test.

Comment pouvez-vous faire tester votre chien ?

Le test est disponible dans le commerce par Richard et sur son site www.vet.cornell.edu/labs/goldstein/ vous trouverez les informations détaillées sur les conditions et la procédure du test.

Sur le site vous trouverez aussi des articles rédigés par Cathy Bosnic, un exposé complet sur l’étude, une partie ‘questions et réponses’ et toutes les formalités et les protocoles, lesquels vous devrez connaître avant que vous puissiez envoyer un échantillon pour analyse. Des échantillons de sang pourraient aussi être envoyés en dehors des États-Unis et la procédure pour l’importation de sang vers les États-Unis est également consultable sur le site.

Le test est un investissement pour le futur. Beaucoup d’éleveurs américains et canadiens ont mis les résultats de leurs chiens sur des différents panels de la race. Si le père comme la mère sont testés négatifs pour le gène PHPT, leur descendance ne peut pas avoir le gène, par définition, parce qu’on ne peut pas hériter de quelque chose qui n’est pas présent. Cela signifie que la descendance complète ne doit pas être testée. Au fur et à mesure que le temps passe, il faudra moins tester parce que le statut des ancêtres sera connu et noté.

Aux États-Unis, certains éleveurs envoient leurs échantillons de sang en groupe pour bénéficier d’une réduction et pour économiser sur les frais d’expédition. J’ai compris qu’on fait la même chose en Allemagne et c’est par conséquent intéressant pour le club de consulter ses membres. Richard Goldstein donnera, avec plaisir, des conseils aux éleveurs et aux propriétaires.

Des échantillons de sang envoyés des autres pays doivent suivre les directives du USDA du 6 juillet 2006. Le vétérinaire doit ajouter une déclaration officielle pour le libre parcours d’un échantillon de sang sans autorisation. Pour plus d’informations et directives, consultez le site: http://www.aphis.usda.gov/vs/ncie/icatdog.html.

L’étude sur l’épilepsie continue.

Et comme promis, maintenant un peu plus sur l’épilepsie. Certains parmi vous se souviennent peut-être qu’en 2004 j’ai dispersé les informations sur le ‘English Epilepsy Project’ afin de rassembler des échantillons A.D.N. des chiens diagnostiqués avec l’épilepsie primaire. Barbara a contrôlé tous les formulaires sur leur validité et les questionnaires étaient envoyés avec la procédure pour expédier du sang à Cambridge. Je suis très reconnaissant à tous ceux qui ont passé l’information aux éleveurs et aux propriétaires dans les différents pays.

De ce fait nous avons reçu des échantillons d’Australie, des États-Unis et de l’Europe, pour joindre à nos échantillons anglais. Grâce à l’application de toutes ces personnes la partie de notre attribution financière sur l’épilepsie était un succès.

À cause de l’étroite collaboration entre le Dr Richard Goldstein et le Dr Barbara Skelly, nous nous trouvons dans une position où nous pouvons analyser les échantillons aux États-Unis et par le même programme que le ‘Broad Institute’ a utilisé pour identifier le gène lequel cause PHPT.

Il y a toujours été supposé que l’épilepsie héréditaire chez le Spitz Loup était le résultat d’une hérédité autosomique récessive. Des études récentes suggèrent qu’il n’y a pas un simple gène en cause, mais plutôt quelques gènes dont un qui cause l’effet majeur.

C’est un développement excitant et nous pouvons tous espérer que cette analyse aura le même succès que celle du PHPT. Le Dr Richard Goldstein et son équipe ont prouvé qu’il était possible de rapidement dresser la carte des caractéristiques des maladies chez les Spitz Loups. Il est alors sensé utiliser les nouvelles techniques disponibles pour essayer que l’épilepsie devienne une maladie du passé.

Des personnes qui ont un chien diagnostiqué avec l’épilepsie primaire et qui désirent participer à l’étude, peuvent toujours envoyer un échantillon de sang. Je peux vous fournir les informations nécessaires, même personnellement si vous le souhaitez. Si vous voulez participer à cette étude, vous pouvez contacter Barbara :

Barbara J Skelly MA VetMB PhD CertSAM DACVIM DECVIM MRCVS. Department of Veterinary Medicine, University of Cambridge, Madingley Road, Cambridge CB3 0ES  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Notre responsabilité

En tant qu’amateurs de la race, nous pouvons nous féliciter d’avoir ces chercheurs doués et talentueux de notre côté. Étant donné qu’en nombre nous représentons une race limitée, nous devons donc prendre soin de notre futur. Je n’aurais jamais écrit cet article sans l’existence de nos Spitz Loups, parce que notre vie serait beaucoup plus pauvre sans eux.

Dans beaucoup de pays nous voyons que le nombre de naissances diminue rigoureusement. Depuis 2000 il y a moins de 100 Spitz Loups par an enregistré en Angleterre.

Défendre la santé ne te rapporte pas toujours des amis partout, mais au moment décisif le bien-être de la race est le plus important et chaque race de chien a le droit d’être délivrée des maladies héréditaires et de la souffrance inutile.

Nous pouvons seulement exterminer les maladies héréditaires si tout le monde est ouvert et honnête. Nous pouvons, assez rapidement, faire que le PHPT fasse parti du passé, mais dans le seul but que le bien-être des chiens dépasse l’intérêt personnel.

L’A.DN. est une science exacte et met fin aux devinettes et aux jugements. Ne laissez pas cette chance singulière s’échapper.

Cela fait déjà 50 ans que je vis avec des Spitz Loups et je ne peux pas imaginer la vie sans eux. Ils vous donnent tout ce qu’ils ont à offrir – nous sommes obligés de leur offrir le meilleur de nous-mêmes.

© Jane Saunders – Decembre 2006

e-mail: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Remerciements

Dr Richard Goldstein DVM DACVIM DECVIM est attaché à « Cornell University’s College of Veterinary Medicine » comme professeur vétérinaire des petits animaux.

Je voudrais, au nom de la race, remercier le Dr Richard Goldstein et le Dr Barbara Skelly pour leur grand travail et leur application. Pour rédiger cet article, je me réfère aux messages récents de Richard, tout comme à son site pour la déclaration de l’identification du gène et la disponibilité du test.

Je suis très reconnaissant envers Barbara pour son appui en tout instant, sa patience durant les 4 dernières années et pour m’aider à amasser la notion de la génétique ! Je voudrais aussi la remercier pour la première lecture de cet article.

Références

Berger B, Feldman EC. (1987)Primary hyperparathyroidism in dogs: 21 cases (1976-1986

. Journal of the American Veterinary Association;191(3): 350-6.

Weir EC, Norrdin RW, Barthold SW, Meuten DJ, Pond MJ, Insogna KL. (1986) Primary hyperparathyroidism in a dog: biochemical, bone histomorphometric, and pathologic findings. J Am Vet Med Assoc. 189(11): 1471-4.

BASIK

spitz adn

BASIK (Base Adn Santé Internationale du Keeshond), c'est l'application créée par Passion Spitz Loup pour vous donner accès aux informations relatives à la santé des lignées de spitz qui vous intéresse... Pour que vous ne puissiez plus dire "je ne savais pas !" Et parce que les éleveurs deviendront consciencieux si les acquéreurs le sont eux même : propriétaire ou futur propriétaire de spitz loup, c'est VOUS qui détenez l'avenir de la race au creux de vos mains !

Restons en contact !